ikebana, un art floral réfléchi

Les origines

Les origines de l’ikebana remontent à l’introduction du bouddhisme au Japon. L’habitude était d’offrir des fleurs au Bouddha. Le bouddhisme zen est la source de cet art complexe et codifié où l’humain, en totale harmonie avec la nature, se doit de créer un objet de contemplation en adéquation avec son état d’âme. Ce sont les moines et Samouraï qui seront les précurseurs de cet art traditionnel. Il existe trois écoles majeures : l’école ikenobô, l’école ohara, l’école sogestu.

« Un art ancestral dédié aux fleurs et à tous les végétaux. Il nait du respect envers la nature, profondément ancré dans la culture japonaise. »

ikebana nord

La philosophie Ikebana

Ikebana signifie avant tout donner vie aux fleurs, les faire parler pour qu’elles nous montrent la voie vers la sagesse et la tranquillité. Le pratiquant doit apprendre le langage de la plante pour en comprendre sa philosophie.
On appelle aussi l’ikebana le « kadô », c’est-à-dire le chemin des fleurs. (« ka », c’est les fleurs, « dô » c’est le chemin).

Au contraire de la forme décorative des arrangements floraux de chez nous, l’arrangement floral japonais crée une harmonie de construction linéaire, de rythme et de couleurs. Alors que nous tentons d’accentuer la quantité et les couleurs des fleurs, portant notre attention essentiellement sur la beauté de la fleur, les Japonais accentuent l’aspect linéaire de l’arrangement. Ils ont développé un art qui valorise aussi bien le vase, les tiges, les feuilles et les branches que la fleur elle-même. chaque fleur est importante, et chaque fleur a une position bien définie.

Pour composer un ikebana il faut se mettre à l’écoute de la nature, la ressentir pour l’imiter ; si cette branche est penchée, c’est que une autre lui faisait de l’ombre, il faut respecter l’histoire de la plante, c’est l’oeuvre de la nature. Il s’agit de rapprocher l’homme et la nature en jouant sur les formes et les volumes de la plante.

« C’est un art qui repose l’esprit, le bouquet doit refléter l’état d’âme de la personne qui le compose. »

Kanpaï
ikebana kado
Toyohara Chikanobu (Japon: 1838-1912) – Arrangement floral et cérémonie du thé (1895)

La symbolique Ikebana

La structure complète de l’arrangement floral japonais est axée sur trois points principaux symbolisant le ciel, la terre et l’homme à travers les trois piliers : asymétrie, espace et profondeur. Ces trois tiges représentaient le paradis, l’homme et la Terre. Le ciel est toujours représenté par le point culminant de la composition, l’humain se trouve en deuxième position vers le centre, et le sol à l’horizontale et plus bas que les deux autres.

Le ciel

Représenté par une forme érigée et bien dressée vous choisirez une branche, ou une hampe florale très rigide pour le figurer. Cet élément sera le point culminant de la composition.

L’humain

Situé dans le milieu du décor, souvent légèrement penché, il peut être représenté par une belle et délicate fleur centralisée ou par un feuillage texturé.

La terre

Elle, s’exprime au travers de végétaux placés au plus bas de la composition, parfois même à l’horizontale.

Ainsi par exemple les bambous symboliseront-ils la prospérité, les fleurs de pêcher seront un hymne à la féminité, le camélia jaune représentera la nostalgie, le narcisse le respect ou encore la pivoine pour le courage.

« Tout l’art de l’ikebana consiste à dépouiller les branches pour apurer les lignes et conduite à un équilibre esthétique« 

Les styles d’Ikebana

Il existe aujourd’hui plusieurs styles d’Ikebana des plus traditionnels au plus récents :

rikka

Les premières origines datent du XVème siècle our le grand maître Ikenobô Senkai formula les premières règles des arrangements rikka. Le style rikka ou « fleurs dressées » est une composition traditionnelle qui s’illustre dans des vases grands et fins.Les rikka sont composés de sept ou neuf lignes de directions composées avec les fleurs ou les branches. La longueur et la position de ces éléments ont un sens symbolique défini. L’ensemble représente la montage mythique, le mont Sumeru, symbole de l’univers et objet du culte bouddhique: les branches de pin figurent les rochers et les pierres, les chrysanthèmes blancs, l’eau des rivières.

nageire

Ce style est apparu à partir dès le XIVième siècle à l’époque des grandes rivalités féodales connues sous le nom de Muromachi (le palais des empereurs). L’essor de ce style est notamment liée à la démocratisation de la cérémonie du thé qui permis de le considérer comme un art en soi et non plus comme une pratique religieuse. Le style nageire ou « fleurs déposées » est le plus ancien et hérite de la tradition du thé, dépouillement, sobriété, harmonie. Les règles des bouquets se simplifièrent afin de permettre à toutes les classe de la société de pratiquer cet art et un nouveau style apparut : le nageire, style spontané, ou les fleurs sont disposées d’une manière naturelle. La richesse est dans le regard, dans l’intention

shôka

Datant de l’époque Edo (XVIIIème siècle), ce style entre le rikka et le nageire est inspirée par la notion confucéenne (ciel, terre, homme) impose l’usage de 3 végétaux, trois lignes directrices, l’homme étant le lien entre le ciel et la terre. Il se pratique dans des vases larges et plats.

Jiyuka

Style libre, le plus récent, il doit toutefois exprimer lui-aussi une saison dans la composition.

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